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Le Coran

Le Coran est le livre sacré des musulmans. Il est la parole divine transmise par l’archange Gabriel au Prophète de l’Islam (SAWS) pendant 23 ans.

Le Coran est une prédication orale. Reçue fragmentairement de l’ange Gabriel par voie auditive comme parole incréée de Dieu, par Muhammad – Dieu le bénisse et le sauve -. Elle fut communiquée oralement et directement par celui-ci à ses compagnons comme à ses ennemis, durant son apostolat, et mise par écrit, de son vivant, par des scribes bénévoles sur des écritoires de fortune (omoplates, morceaux de parchemin, tablettes de bois, débris de poterie). Parmi ces scribes il y a lieu de noter surtout Zayd b. Thâbit qui devait jouer ultérieurement un rôle majeur dans la recension et l’établissement définitif du Texte sacré.

La Tradition et les études entreprises sur la recension du Coran sont concordantes sur l’ordre des versets à l’intérieur des sourates de la révélation.

Rappelons seulement que du vivant du Prophète la plupart de ses compagnons (Sahâba) savaient par coeur le Texte sacré dans son intégralité. Après sa mort, un grand nombre des « porteurs du Coran en leur mémoire » (Hamalât-l-Qur’ân) furent tués au cours des expéditions ordonnées par son successeur immédiat, le calife «’Abû Bakr, dès son accession au califat (an 11 H/632), contre les tribus bédouines en révolte, les apostolats et les faux prophètes, en particulier le plus dangereux de ces derniers, Musaylima, surnommé al-Kadhâb (l’imposteur), qui fut aidé par un transfuge de l’Islam, nommé, Nahar-r-Rajjâl et par la puissante tribu des Banû Hanîfa, solidement retranchée dans les forteresses du Yamâma.

Le besoin se fit sentir alors de fixer de toute urgence le Coran par écrit. Le premier qui s’inquiétât de cette situation et de l’avenir du Texte sacré fut ‘Umar b-l-Khattâb, qui fit part de ses craintes à Abû Bakr. Celui-ci refusa tout d’abord d’entreprendre un travail auquel le Prophète lui-même n’avait pas songé. ‘Umar parvint, en insistant à plusieurs reprises, à persuader le calife de l’utilité d’un tel travail et à dissiper ses scrupules. Faisant appel, tous deux, au concours du meilleur secrétaire du Prophète, Zayd Ibnu Thâbit,, ils firent établir un premier corpus de la Vulgate de l’Islam, sous forme d’une collection de feuillets formant un volume (mushaf) qui contenaient les versets coraniques recueillis de la bouche d’au moins deux récitateurs, honorablement connus pour leur probité intellectuelle et leur piété. Zayd qui savait lui-même le Coran par coeur, mais à qui ‘Abû Bakr avait recommandé de ne pas se fier à sa seule mémoire, entreprit sa besogne en toute indépendance, n’acceptant que les versets indiscutablement authentiques.

Ce prototype fut conservé par ‘Abû Bakr durant son califat. A sa mort, il fut confié, sans aucune modification, par son successeur ‘Umar, à Hafsa, fille de ce dernier et veuve du Prophète. Lorsqu’une multitude de textes coraniques incontrôlables et souvent farcis d’inexactitudes circulèrent dans diverses contrées de l’Islam, le troisième calife, ‘Uthman b. ‘Affân, jugea aussi nécessaire qu’urgent de mettre fin à cette anarchie qui risquait de compromettre à jamais l’authenticité de l’Ecriture coranique, la pureté et l’unité du dogme, et de diviser les musulmans. Il emprunta à Hafsa l’exemplaire établi sous ‘Abû Bakr et le remit comme document de base à une commission d’experts qu’il chargea de procéder à une recension du Texte. 2

Cette commission très restreinte était composée de Zayd b. Thâbit, ‘Abd-l-Lah b. Zubayr, Sa’d b-l-‘As et ‘Abd-r-Rahmân b.-l-Hârîth. Cette commission prit sa tâche à coeur et dut faire appel, en une sorte de consultation générale, à tous les Musulmans dépositaires de la prédication révélée (Huffâdh). Son appel fut entendu et les bonnes volontés ne manquèrent pas de se manifester. Les matériaux qu’elle put ainsi réunir furent soumis à une critique externe des plus sévères. Pour qu’un verset fût retenu et pour qu’une lecture fût préférée à une autre, il fallait, pour en garantir l’authenticité, la concordance des témoignages, le critère de forme étant à priori, la primauté du parler de Quraysh, langue du Prophète, sur les autres parlers arabes. Elle dut, par cette méthode compléter, réviser et mettre définitivement au point le corpus d’’Abû Bakr et de ‘Umar, et procéder à une mise en ordre des sourates et des versets. C’est dans de telles conditions qu’elle pu donner un corpus intégral et définitif, connu sous le nom de Mushaf ‘Uthmân (Corpus de ‘Uthmân) devenu la Vulgate officielle de l’Islam, sunnite et shi’ite compris. Il contient aussi bien des versets abrogés (mansûkh), que les verset modificatifs (nâsikh).

Ce corpus fut reproduit en plusieurs exemplaires qui furent envoyés dans les diverses provinces de l’empire musulman. Les versions coraniques, incomplètes ou mal établies, furent considérées de plano comme sans valeur, déclarées nulles et détruits.

Quelques années plus tard, un des dévoués soutiens de la dynastie ‘umayyade à ses débuts, al-Hajjâj b. Yûsuf Al-Thaqâfi, entreprit de donner une meilleure présentation au corpus de ‘Uthmân pour une fixation plus sûre du texte et la réduction des variantes au minimum.

Ces variantes sont appelées qirâ’at, terme signifiant étymologiquement « lectures ». Leur valeur technique est évidente ; il s’agit, non de la manière de lire le Coran, mais des différences de morphologie, de syntaxe, de nombre ou d’ordre des sourates observées dans le corpus coranique primitif.

Les sourates (étym. Pan de mur, degré, étape) dont chacune forme un fragment coranique indépendant, sont au nombre de 114.

Ces cent quatorze sourates (chapitres) du Coran sont réparties suivant un usage établi, compte tenu des besoins de l’étude par coeur du Texte sacré et des besoins de la liturgie, en sept stations (manzal, plur. Manâzil) et trente fractions (Juz, pluriel ‘ajzâ). Chaque sourate comprend des paragraphes ou quarts (rubû’), indiqués marginalement dans les manuscrits et les éditions. L’ensemble du texte coranique est également divisé en soixante sections (Hizb, plur. ‘Ahzâb) pour les mêmes raisons.

Cet ensemble de cent quatorze sourates ont été révélées les unes à La Mekke, les autres à Médine, quelques-unes au cours d’un déplacement du Prophète ou d’une expédition. Dans le corps d’une sourate les versets n’appartiennent pas toujours au même lieu ou au même moment d’inspiration. Certains versets révélés à La Mekke ont été déplacés et inclus dans l’une ou l’autre des sourates révélées à Médine et inversement, selon les nombreuses récitations du Prophète (SAWS).

Les spécialistes musulmans des études coraniques ont soumis le texte sacré, à un examen formel des plus serrés. Le plus illustre d’entre eux, dans cet ordre d’idées, est le polygraphe égyptien al-Asyûti, plus connu sous le nom de Jalâl-d-Dîn.

D’après H. Bammate :

Plus d’une fois, il a été révélé à Muhammad (SAWS) qu’il n’était pas venu fonder une religion nouvelle, mais pour restaurer et propager en langue arabe la religion d’Abraham, de Moïse et de Jésus.

« Rien ne t’est dit, Muhammad, qui n’ait été dit aux Apôtres qui t’ont précédé ». (Coran, XLI, 43).

« Dieu a institué pour vous une religion qu’Il avait établie pour Noé. C’est celle que nous t’avons révélée et que nous avions établie pour Abraham, pour Moïse et pour Jésus, en leur disant : Soyez fidèles en religion et ne vous divisez pas en sectes ». (Coran, XLII, 11).

« Sur les pas d’autres prophètes, nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, pour confirmer le Pentateuque ; Nous lui avons donné l’Evangile, qui contient aussi la direction et l’avertissement pour ceux qui craignent Dieu ». (Coran, V. 50).

« Et Nous fîmes suivre Jésus, le fils de Marie, et Nous lui donnâmes l’Evangile. Et Nous mîmes dans les coeurs de ceux qui le suivirent l’extrême bienveillance et la compassion ». (Coran, LVII, 27).

Le monothéisme pur de l’Islam complète le Judaïsme. Tout comme le Judaïsme, l’Islam insiste sur les règles de l’hygiène sacrée, de la circoncision et de l’abstention de la viande de porc. Muhammad y ajouta l’interdiction des jeux de hasard et du vin.

Mais « Dieu » « Clément et Miséricordieux » chez les musulman n’est pas Dieu exclusif et jaloux d’Israël, qui sépare son peuple des autres peuples par une multitude d’observances et d’interdictions rigoureuses, afin de préserver la pureté de la race élue.

Dieu dans l’Islam est universel. Sa sollicitude illimitée s’étend à toutes les races, à toutes les nations. Il ne connaît pas de favoris. Sa bonté est aussi large que sa justice. Tous les hommes sont égaux devant lui sans distinction de race ou de couleur.

« O vous hommes ! En vérité, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des races, des tribus, afin que vous puissiez vous connaître les uns les autres. En vérité, le plus honorable parmi vous devant Dieu est le plus pieux d’entre vous ». (Coran, XLIX, 13).

« Tous les hommes sont égaux entre eux, comme les dents du peigne [du tisserand] ; pas de supériorité du blanc sur le noir, ni de l’Arabe sur le non-Arabe » proclame un hadith célèbre.

« Tous les Musulmans sont frères » affirme le Coran. (Coran, XLIX, 10).

C’est avec le Christianisme que l’Islam présente le plus d’analogies, analogies souvent frappantes.

Certains dogmes et les bases métaphysiques de la morale des deux religions se confondent.

L’Islam affirme la mission divine de Jésus et le caractère inspiré du Nouveau Testament. Se séparant en cela du Judaïsme, il admet la pureté de la Vierge et l’Immaculée Conception. L’Islam partage entièrement les croyances chrétiennes sur l’immortalité de l’âme, sur le Jugement Dernier, la Résurrection des morts, l’existence du Paradis et de l’Enfer.

Le Coran ne diffère guère de l’orthodoxie chrétienne quand il proclame que Jésus est le Verbe et l’Esprit de Dieu, descendu dans le sein de la Vierge Marie. 4

« Certes, le Messie Jésus, fils de Maris est l’Apôtre de Dieu et Sa Parole qu’il a mise en Marie. Il est un Esprit provenant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses Apôtres ». (Coran, IV, 169).

Comme dans le Christianisme, une très grande place est attribuée, dans l’Islam, à l’amour du prochain et à la bonté.

« Dieu récompensera au centuple la bonté. Il s’en est réservé les quatre-vingt-dix-neuvièmes. En vertu du centième, laissé à la terre, les êtres sont animés d’un sentiment d’amour, et le cheval écarte son sabot de l’enfant de crainte de le blesser ». (Hadith).

Une foi sans amour est une foi morte, aussi bien pour l’Islam que pour le Christianisme.

« Aimez-vous les uns les autres en l’âme de Dieu », proclame le Prophète (Hadith).

« Assurément, être patient et pardonner, c’est la grande affaire de la vie », dit le Coran (XLVI, 11) ». Fin de citation.

Dr. Dalil BOUBAKEUR : Recteur de l’Institut Musulman de la Mosquée de Paris

  1. dib 16 h 39 min16 décembre 2016

    salam aleykoum,

    je souhaiterai savoir le nombre exact de manuscrits du coran a travers le monde ?

    merci

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