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Iftar avec le Président de la République Nicolas Sarkozy

ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Rupture du Jeûne
Grande Mosquée de Paris – Lundi 1er octobre 2007

Monsieur le Recteur, cher Dalil,
Monsieur le Recteur de la Grande Mosquée de Lyon, cher Kamel, Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Français du Culte Musulman,
Mesdames et Messieurs les membres des Conseils Régionaux du Culte Musulman,
Vous savez, le CRCM, c’est une institution pour laquelle je me suis beaucoup engagé. J’ai été beaucoup critiqué pour avoir porté ces institutions mais, aujourd’hui, je constate avec bonheur que personne ne veut les remettre en cause. Tous les ont critiquées à l’extérieur, tous les ont critiquées à l’intérieur, mais aujourd’hui personne ne veut plus la mort du CFCM. Cette victoire c’est la plus belle que vous pouviez espérer remporter
Messieurs les Aumôniers généraux, nationaux et régionaux, enfin, Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis de me retrouver ici parmi vous. Ce n’est pas la première fois, je suis souvent venu.

Je crois qu’il n’y a pas d’exemple d’un Président de la République qui se soit rendu à la Grande Mosquée de Paris pour participer à un Iftar. Même le Président Doumergue, je ne sais pas si on lui offert à l’époque.

La République s’est constamment souciée de la Grande Mosquée de Paris. C’est d’ailleurs l’un de mes illustres prédécesseurs, Gaston Doumergue, qui l’a inaugurée il y a plus de 80 ans en hommage aux musulmans morts pour défendre les valeurs portées par la France.et je veux rappeler à nos compatriotes qu’il est des musulmans Français qui se sont battus pour défendre la France et, rien que pour cela, il était important que le chef de l’Etat vienne ici le rappeler. La Grande Mosquée de Paris a une histoire.

Oui, je me sens bien parmi vous. Vous m’avez connu en tant que ministre chargé des cultes. Vous m’accueillez maintenant en tant que Président de la République, Président de tous les Français, garant de la Nation et de la cohésion nationale.

Ce moment de partage, et de prières, a donc pour moi valeur de symbole !

Je souhaite que nous profitions, ensemble, de cette soirée festive pour faire le point sur la place de l’islam, sur son devenir dans la République.

J’ai souvent eu l’occasion de le dire, l’islam est, par le nombre de pratiquants, la deuxième religion de notre pays. Nous sommes en période de ramadan, et chacun de nos concitoyens peut constater cette réalité, s’il est attentif au monde qui l’entoure, à son voisin, son collègue de travail, son camarade de classe qui pratique ce pilier de l’islam, du lever au coucher du soleil.

Même au gouvernement, certains s’obligent à ce jeûne. Cette proximité illustre, du sommet à la base de notre société, la place de l’islam comme composante intime de notre pays. N’en déplaise à quelques-uns que je combats, l’islam c’est aussi une partie de la France. Moi qui me suis tellement battu pour qu’il y ait un islam de France et non pas un islam en France.

Cet islam de France, j’ai eu le sentiment très tôt qu’il avait besoin d’une impulsion forte pour avoir toute sa place, une place qui rassure à la fois ceux qui sont musulmans et ceux qui ne le sont pas. C’est pour cette raison que je m’en suis occupé.

Certes en 2002, l’idée était déjà dans l’air comme tant d’idées qui sont dans l’air. Les idées dans l’air, il faut leur donner du corps. Ensemble, nous avons offert à l’islam en France les moyens d’une transformation en un islam de France. Ensemble, nous avons dessiné un cadre national et régional, afin que chacun puisse s’exprimer et assumer des responsabilités au service de toute la communauté musulmane. Cela a demandé du temps, de la patience, vertu qui honore ceux qui croient. Ensemble, nous avons bâti le Conseil Français du Culte musulman. Je me souviens de ce weekend que nous avions passé ensemble. Cela a été terrible ! Et, en plus, il faisait froid.

Il fallait aux musulmans de France une représentation institutionnelle capable de défendre les intérêts des fidèles et des mosquées, et capable ainsi de faire vivre la laïcité en étant auprès des pouvoirs publics les représentants de ces fidèles.

Une deuxième étape est intervenue avec la Fondation pour les œuvres de l’islam de France, qui a pour objectif de financer les lieux de cultes à la mesure du respect que doit inspirer une grande religion. Cette Fondation est la vôtre puisqu’elle rassemble les représentants de l’ensemble de l’islam de France. Elle s’inscrit dans le cadre de la loi que la France s’est donnée en 1905, afin de respecter la neutralité de l’Etat et de donner aux religions tout l’espace qui est le leur. Merci au recteur Boubakeur d’avoir accepté d’en assumer la responsabilité.

Une troisième étape a été franchie, quand la France s’est dotée d’aumôniers musulmans, certains sont là ce soir, je les salue chaleureusement. Ils sont maintenant partout où la foi souhaite s’exprimer, dans les armées, dans les hôpitaux mais aussi dans les prisons. Ils contribuent à compléter votre présence au sein des institutions françaises et à donner de la visibilité à l’islam, à le faire connaître, à le faire apprécier, et à placer dans la lumière ce qui se cachait.

Je me réjouis aussi que des nouveaux carrés musulmans aient été créés dans des cimetières en Basse-Normandie ou en Rhône-Alpes par exemple, même si c’est insuffisant.

Ces avancées prouvent, si besoin en était, que le dialogue instauré voici quelques années fonctionne et permet de réaliser progressivement une bonne et juste représentation de l’islam dans la société française.

Après le temps de la construction, voici maintenant l’heure de consolider cet édifice et c’est à vous, représentants de l’islam de France, de donner toute l’ampleur de vos ambitions.

Vos statuts prévoient en 2008 des élections. Je les suivrai avec attention, car le CFCM n’est plus uniquement l’affaire des musulmans. Il est la manifestation institutionnelle permettant à l’islam d’accéder à cette juste place que vous revendiquez. Il est la fierté des fidèles qui peuvent se dire que l’islam, comme les autres cultes présents sur notre territoire, a sa représentation. En ce sens, le CFCM est un facteur d’intégration et d’apaisement.

Si le CFCM n’existait plus, s’il perdait de sa légitimité, ce seraient tous les musulmans de France, et d’abord les responsables que vous êtes, qui en pâtiraient.

Et cela d’autant plus que, vous le savez bien, l’installation de l’islam dans les sociétés occidentales est une affaire complexe, pour des raisons à la fois internes et internationales. Pour des raisons propres aussi à l’islam que vous n’ignorez pas et qui expliquent les difficultés d’accueil que vous pouvez rencontrer dans certaines sociétés.

La France est aujourd’hui le pays d’Europe où réside le plus grand nombre de personnes d’origine ou de confession musulmane. Mais c’est aussi un pays qui a réellement progressé dans la place faite à l’islam comme religion, dans l’intégration de l’islam dans l’espace public. C’est, grâce à vous, un pays où le dialogue entre les pouvoirs publics et les musulmans apparaît plus serein, moins tendu et, pour tout dire, plus fraternel.

Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout, cela veut dire que nous sommes capables de gérer nos désaccords en fonction des traditions démocratiques qui sont les nôtres. Grâce à vous, notre pays ne connaît aucune montée de tension dans les rapports entre musulmans et non musulmans. Certes, des cas d’islamophobie existent je ne le nie pas. Mais il y a un très large consensus dans la société française pour les combattre.

Grâce à vous, grâce à votre manière de débattre avec l’ensemble de la société, notre pays est aussi celui où l’islam, vécu au quotidien, apparaît comme compatible avec les valeurs de laïcité, de tolérance, et du respect des personnes.

Ces valeurs, que partagent les sociétés européennes, ne sont pas incompatibles avec le message premier de l’islam que l’on ne doit pas confondre avec l’islamisme, qui cherche à instrumentaliser l’islam pour couvrir une idéologie qui est celle de haine des autres.

Ces valeurs, qui mettent le progrès de l’homme au cœur de nos préoccupations, ce sont les nôtres, quelle que soit notre foi. Elles résultent aussi du message divin que l’on retrouve dans le Deutéronome de l’Ancien Testament et dans le Coran :

« tu ne tueras point »,
« tu honoreras ton père et ta mère »,
« tu ne convoiteras pas les biens de ton prochain »…

Tous ces principes portés par les religions du Livre sont des principes civilisateurs. C’est pour cela que je considère que la foi est non seulement porteuse d’espérance, mais aussi du rappel que vivre ensemble suppose le respect de l’Autre.

Cette situation de paix que connaît notre pays, nombreux sont ceux qui nous l’envient. Certains extrémistes voudraient y mettre un terme. Ceux qui tuent au nom de l’islam et qui voudraient nous précipiter dans une guerre de religion à l’échelle mondiale. Ils salissent l’islam en parlant en son nom. Ils n’ont rien à voir avec l’islam. Ceux qui parlent de haine au nom. de l’islam blasphèment l’islam. Ceux qui veulent tuer au nom de l’islam, ceux qui veulent la violence au nom de l’islam, ceux qui veulent la détestation de l’autre au nom de l’islam n’ont rien à faire sur le sol de la République française. Que les choses soient claires. Ceux qui veulent vivre la foi dans le respect des principes de l’islam, dans le respect de la laïcité et de la République sont les bienvenus sur le territoire de la République. Voilà le message que je veux porter au nom de la République. Cette situation de paix, je veux que nous la confirmions, je veux que nous la consolidions et que nous refusions cette guerre de religion à l’échelle mondiale. Je veux d’ailleurs dire que le souci de la diversité que j’ai toujours porté comme ministres des Cultes et comme Président de la République sur le territoire de la République française, j’aimerais que chaque société à travers le monde, le porte avec la même force. En France, nous respectons ceux qui pratiquent l’islam. Je souhaite que, dans les pays majoritairement musulmans, on ait le même respect de la différence et de l’identité de l’autre. Croire, c’est un facteur d’espérance et c’est parfaitement respectable, mais si la diversité est bonne en France, alors convenons que la diversité est bonne dans toutes les sociétés à travers le monde. Et je veux dire avec la même force que je me suis toujours battu pour que les Musulmans de France puissent vivre l’islam de France mais je veux que, partout ailleurs, ceux qui sont dans un pays musulman et qui ont une autre foi ou qui n’ont pas de foi – et c’est leur droit – puissent également être respectés dans leur identité et dans leur diversité. La diversité, on ne peut pas la souhaiter lorsque l’on est minoritaire et la combattre lorsque l’on est majoritaire. Cela doit être la même situation, me semble-t-il, partout dans le monde.

Je sais pouvoir compter sur vous. Cette exemplarité de l’islam de France, j’en ai besoin car c’est aussi ce qui permet à la France de faire entendre sa voix et d’œuvrer à la paix dans les conflits où l’excuse religieuse est utilisée pour cacher la folie des hommes.

La France dans un contexte international tourmenté prouve ainsi que les valeurs laïques et religieuses sont compatibles, que la foi musulmane est porteuse de paix, de respect et de tolérance.

Ce message, il faut que nous le portions ensemble, avec vos imams. Je voudrais ainsi saluer à cette occasion la mise en place du cycle de formation laïque pour les imams et aumôniers mis en place à la Faculté de science sociale et d’économie de l’Institut catholique de Paris. Les imams sont les bienvenus sur le territoire de la République française et ceux qui sont les bienvenus ce sont ceux qui portent un message de paix, d’amour de l’autre, de respect de la diversité, d’un islam de France. Ceux qui ne veulent pas porter ce message seront expulsés du territoire français. Je veux que l’on me comprenne bien. J’ai toujours tendu la main aux pratiquants sincères, engagés, y compris à tous ceux qui ont une conception d’un islam épicé, et je ne me suis jamais – l’expression n’est pas de moi d’ailleurs, je crois que c’est Tahar Benjelloun qui l’avait utilisé il y a bien longtemps – mais je veux dire avec la même sincérité que je ne ferai preuve d’aucune faiblesse à l’endroit des extrémistes et de deux qui bafouent nos principes et qui bafouent l’islam.

Je vois dans ce qui est fait dans la formation des imams l’exemple que les hommes et les femmes porteurs d’une foi, d’une espérance, d’une charité sont plus souvent capables de travailler ensemble que ceux qui en sont dépourvus. C’est un beau symbole, l’Institut catholique de Paris qui forme des imams aux valeurs de la République, aux valeurs de la laïcité, c’est un beau message.

J’y vois aussi le fait que vous avez entendu mon message de l’année dernière, dans ces mêmes lieux, je vous indiquais que la formation des imams me semblait être une des priorités de l’islam de France. Vous pouvez le constater, l’islam de France avance. Je serai à vos côtés pour défendre vos droits, je vous demande d’être à mes côtés pour exercer vos devoirs. Il n’y a pas de droits sans devoirs et puis je suis particulièrement heureux que Fadela Amara soit ici parce que c’est très important pour moi que dans le gouvernement de la France, Fadela soit membre comme Rachida Dati comme Garde des Sceaux. Je peux vous dire à chacun d’entre vous, je n’ai pas trahi l’engagement qui était le mien, donner toute sa force à l’islam de France et combattre de toutes mes forces les extrémistes. Les deux vont de paire. Vous savez bien que vous avez en moi un ami, je vous souhaite à tous, pour vous et vos familles, un bon ramadan.

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