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Islam et sida

La morale et la Loi de l’Islam couvrent l’ensemble des comportements individuel, familial, social de l’Homme. Le croyant et la communauté musulmane sont donc censés se référer constamment à la Loi (Chari’a) ou du moins, aux sources de la Loi (Coran, Sunna), or, il y a dans ces sources, ce qui est prescription intangible, c’est à dire ce qui est clairement dit dans le Coran ou les Hadiths fondamentaux, et il y a ce qui est extrapolation en fonction de l’analogie, du consensus doctrinal ou de l’avis des Ulamas.

C’est à ce deuxième niveau que se situe notre réflexion. A partir de l’analyse d’une situation donnée, elle procédera à la représentation, dans laquelle le discours philosophique, ou l’approche religieuse du SIDA dans les communautés musulmanes sera une ingérence par simple manque d’un consensus éclairé sur la femme.

Dans la Tradition Islamique, toute maladie est envoyée par Dieu et « il n’est pas de maladie envoyée sans que son remède soit également prévu par la puissance divine » (Hadith).

Cette représentation doctrinale de la maladie et de confiance en son traitement, n’empêche pas l’émergence d’une attitude positive née aussi des progrès de la connaissance et de la réflexion religieuse qui évolue très vite particulièrement concernant le SIDA durant ces 10 dernières années.

Dans le cas du SIDA l’apparition récente de la maladie fait que sa représentation n’est pas encore suffisamment structurée dans les esprits musulmans. Mal, d’abord occidental et dont les occidentaux firent un tableau effrayant, il apparaît confusément comme une manifestation de la malédiction divine en raison de ses trois principaux modes de contamination :

– La Toxicomanie

– L’Homosexualité

– L’Hétérosexualité « illicite » en droit musulman.

Les autres modes ne furent reconnus que plus tard. Leur pratique, contraire à la Religion est considérée dans l’Islam comme des Transgressions majeures et interdites :

– La Toxicomanie en tant qu’ivresse artificielle faisant perdre la conscience de l’ubiquité Divine, car « Dieu est plus près de vous que votre veine jugulaire ».

– L’Homosexualité considérée comme une déviance grave sur le plan individuel et même social est qualifiée dans le Coran comme « la pratique du peuple du Loth » : Coran Sourate 25, verset 105 : « Loth dit (à son peuple), « vous adressez-vous aux mâles parmi les humains pour satisfaire (vos besoins sexuels), tout en délaissant ce que votre Seigneur a créé pour vous dans vos épouses ? Seriez-vous un peuple transgresseur ? ».

Aussi, l’interdiction et la punition qui frappent l’homosexualité, sont juridiquement interprétées comme une sauvegarde communautaire.

– L’Hétérosexualité comme facteur contaminant nouveau est, elle-même aussi, dans les cas illégitimes, religieusement, rejetée dans le cadre « illicite » de la relation coupable et

dangereuse, Coran XVII, 32 : « Evitez la fornication, c’est une abomination et une voie pleine d’embûches… »

Il n’y a rien d’étonnant à voir les religions révélées par Dieu interdite unanimement la fornication et la combattre. L’Islam, la dernière des religions l’a sévèrement interdite et a énergiquement prévenu de l’anarchie qu’elle introduit dans les liens familiaux, les crimes contre l’enfant, la dissolution des valeurs morales et la propagation des maladies (vénériennes). L’interdiction frappe toutes les perversions sexuelles comme la sodomie, le viol, l’inceste, la bestialité.

Ainsi, ces interdits majeurs dans l’Islam ont tendu à faire percevoir cette pathologie nouvelle du SIDA non seulement comme un mal envoyé par Dieu (comme les autres maladies), mais aussi comme un châtiment de ce qui apparaît peu à peu dans les infractions morales qui sont aux sources de sa contamination, à savoir : la perversion, la luxure, le péché, par oubli des principes éthiques et religieux.

Ceci n’est pas sans renvoyer aux récits bibliques, et l’Islam considère aussi la destruction de Sodome et Gomorrhe comme liée au courroux divin :

Coran XI – 82.83 « Lorsque notre ordre fût lancé nous avons renversé la cité sens dessus dessous… Nous avons fait pleuvoir sur elle une masse de pierres et d’argile marquées par Ton Seigneur une telle chose n’est pas éloignée de ceux qui sont injustes… »

Cette menace Eschatologique, alimentée par d’autres versets coraniques prévenant « l’Homme qu’il n’est que dans la perdition » peut justifier çà et là l’idée que c’est l’oubli des prescriptions de l’Islam qui mène le distrait dans la voie du mal.

Ce ma rassemble du reste en lui même, les phantasmes et l’imaginaire liés à la sexualité, au sang et à la mort selon Marc Roger : SANG – SEXE – MORT.

Ces éléments chargés symboliquement de mythes et de tabous ont déterminé dans l’Islam comme dans d’autres traditions religieuses de conduites répulsives et de peurs obscures vis à vis de la maladie et des malades :

Vis à vis de la maladie : car elle exacerbe la notion, le sens et la justification du péché, et renvoie à la Mort, et à ses représentations.

– Vis à vis du malade non pas seulement pour ce qu’il a fait de répréhensible mais aussi pour ce qu’il est devenu : une sorte de réprouvé.

Dans cette représentation, le sidaïque est celui qui n’a pas suivi « la voie » décrite dans la sourate ! ou Fatiha (Prologue) :

« Dirige-nous dans la voie droite

La voie de ceux que tu as favorisés de Tes bienfaits

Non de ceux qui ont mérité Ton courroux.

Cette référence profonde à la crainte divine fait du sidaïque un Homme en perdition spirituelle et organique. La souillure originelle de la contamination n’est pas sans référence au péché d’Adam et Eve et elle est chargée de la même symbolique religieuse : seul Dieu peut pardonner. Les tabous sexuels, sujets honteux à discuter voilent la sexualité de nombreux préjugés et d’ignorances.

Aussi, dans les pays d’Islam, le SIDA est considéré comme un mal venu d’ailleurs et ne devrait pas se propager « si la Religion était respectée ». Malheureusement le SIDA existe, et se développe progressivement vu le progrès de statistiques de plus en plus fiables au Maghreb.

Du reste, les progrès de la connaissance des modes de contamination du virus HIV autres que sexuels ou toxiques, tels que la transfusion ou la voie placentaire, ont permis une évolution dans l’approche religieuse de la maladie et des malades atteints du SIDA.

Une sorte de changement de statut de la maladie est ainsi intervenu, passant d’une infraction morale religieuse à celui d’une pathologie du domaine général.

Le religieux n’a plus à s’ériger en censeur des moeurs, et on peut dire, qu’actuellement le SIDA peut être perçu en religion avec sagesse et esprit de soutien vis à vis des malades qui en sont frappés. Le contexte social souvent défavorisé qui en est le lit, interpelle aussi le sens religieux à ce niveau de réflexion. Ce mal frappe trop souvent le sens religieux à ce niveau de réflexion. Ce mal frappe trop souvent nos jeunes en France qu’il nous appartient de sensibiliser, d’informer afin d’induire des comportements responsables et préventifs en bonne connaissance de cause pour éviter les pièges et les risques qui entourent cette maladie.

L’attitude purement moraliste, voire moralisatrice ne peut plus se défendre, d’un point de vue strictement religieux car dans l’Islam comme dans toutes les religions révélées, c’est Dieu qui juge les Hommes et non aux Hommes de jeter l’anathème à leurs semblables. En effet, ces malades malgré toutes les agressions narcissiques qu’ils peuvent provoquer, ou l’horreur de mort qu’ils peuvent inspirer, doivent être considérés comme des semblables parce qu’ils le sont et non des êtres chosifiés et exclus pour ce qu’ils auraient fait.

Ainsi la religion éclairée peut contribuer à une meilleure adaptation des comportements des religieux dans l’assistance mais aussi dans la prévention de la maladie. En effet si la diversité culturelle, les problèmes linguistiques et la représentation de la maladie sont des obstacles à l’information, à la discussion, et donc à la prévention, l’influence religieuse peut, dans les foyers ou dans les communautés de jeunes favoriser des comportements responsables et des évitements salutaires.

Notons qu’en Islam l’usage du préservatif tant contraceptif que préventif (EL KISS EL WAQIY’) est permis sans restriction et que l’information dans ce domaine, peut, par des équipes éducationnelles, des mouvements associatifs ou des moyens audiovisuels, utilement bénéficier de l’éclairage religieux, si important dans la mentalité maghrébine et musulmane en général, afin d’améliorer l’impact, et la prise de conscience de cette maladie. La représentation reste celle d’une maladie grave, mortelle, d’importation étrangère et à connotation sexuelle indiscutable.

On ne connaît pas encore l’effet de la pratique religieuse sur les comportements sexuels en milieu immigré par exemple par l’implantation de lieux de cultes dans les foyers ou les banlieues en France, mais cela implique, à terme, une meilleure information des Imams et des personnels religieux musulmans dans tous les domaines de cette maladie. A la Mosquée de Paris nous suivons avec attention les rapports de nos Imams sociaux, mais la communication se heurte trop souvent aux tabous traditionnels plus que religieux. Mais le dévouement reste total et l’aide désintéressée – un programme est d’ores et déjà prévu et envisage une campagne d’information et de sensibilisation de nos Imams et Aumôniers sur la prévention du SIDA.

Etant donné cette évolution de l’action et de la pensée musulmane l’engagement religieux en matière de prévention peut et doit utilement s’intégrer dans une politique globale de sensibilisation.

– D’abord dès l’enseignement scolaire il apparaît justifié de faire admettre dans les programmes relatifs à l’histoire des religions ou à l’instruction civique des rappels des bases éthiques et de la morale quotidienne religieuse telles que l’Islam la propose clairement en matière par exemple des rappels coraniques prophylactiques dans la vie sexuelle ou préventive des maladies :

* Coran IV – 1 – 95 : « Evitez de vous jeter dans le péril de votre propre fait.

* Coran XVII – 32 : « Evitez la fornication c’est une abomination et une voie pleine d’embûches.

* Coran IV – 29 : « Ne soyez pas cause de votre propre mort.

* Coran XXV – 70 : « Ceux qui tuent sans légitime défense et ceux qui commettent l’adultère seront comptables envers Dieu à la Résurrection.

* Coran XXIV – 2 : « La débauche des hommes et des femmes est interdite ».

Boukhari : La fornication éloigne le croyant de la religion au moment où il la commet. Mais s’il y renonce la foi lui reviendra.

Hadith : « Ô musulmans, évitez la fornication car elle présente 6 inconvénients : 3 en ce bas monde : la disparition de la beauté du visage, une vie très courte et une pauvreté permanente et 3 dans l’au delà : le courroux de Dieu, une mauvaise conscience et la déchéance infernale.

Un rappel salutaire en matière sexuelle est donc une incitation à la vie conjugale exempte de risques et aussi une prévention des déviances interdites par la Loi (homosexualité hommes et femmes, prostitution hommes et femmes etc…)

Envers les malades, le rappel : est de se soigner conformément à la Loi Coranique : « Soignez-vous, Dieu n’a pas créé de maladie sans lui avoir aussi créé le remède ».

« Tout remède est inscrit dans la destinée humaine ». (ADDAWA-MINAL-QADAR…)

L’Islam appelle également les hommes à la sagesse et à la réflexion, terme et verbe employés plus de 800 fois dans le Coran.

Ainsi, l’Islam religion de miséricorde, de sagesse et de l’incitation à réfléchir reste une religion d’espérance et de fraternité humaine tout en prônant dans sa morale traditionnelle la fidélité au couple et le devoir de prévention des maladies car on est comptable en fin de compte dans l’Au delà de l’usage qu’on a fait de son corps ici-bas, Coran : « Les corps parleront et lorsque les âmes leur en demanderont la raison, ils répondront : mais c’est Dieu qui nous fait parler… »

L’Islam ne s’érige donc pas en un simple système d’interdits et de permissions, mais recèle en son message tous les éléments d’une réflexion en vue de construire une existence responsable, saine et équilibrée (cf. rituels d’ablutions).

Dans ce véritable défi planétaire qu’est devenu le SIDA l’apport religieux pour la reconstruction de la pensée spirituelle de l’humanité et le recentrage des bases éthiques de sa

vie morale et dans ses comportements quotidiens devraient inciter à les changer tels que celui d’aujourd’hui, afin que science, religion et société conjuguent leurs efforts de prévention de cette pandémie (plus dizaines de millions de séropositifs dans 10 ans) aspects de son imminence et de son envoi dans une espèce de revenu de temps pré-eschatologiques.

La destinée humaine doit être maintenant élaborée et préparée dans un progrès moral et spirituel, avec ce supplément d’âme qui le sauvera en lui faisant considérer les choses de la vie avec humilité, sagesse et raison, car la religion est aussi un Livre inestimable qui consacre des vérités éternelles.

Dr. Dalil BOUBAKEUR : Recteur de l’Institut Musulman de la Mosquée de Paris

  1. Defallahmabaret 0 h 44 min7 octobre 2016

    mes ennemis m’ont injecter avec un sang contaminés il y’a 1e semaine. j’ai foi en Dieu.je ne tomberais pas malade je pense?

    • fvieillard 9 h 51 min13 juin 2017

      que veux tu dire : « mes ennemis m’ont injecté du sang contaminé »? On t’as séquestré pour te faire une faire une perfusion de sang porteur du virus du SIDA ?
      Si tu étais hospitalisé et quel’on t’as fait une transfusion sanguine, c’est que tu en avais besoin et tu ne tomberas pas malade parce que depuis des années maintenant, le sang des transfusions suit une réglementation très importante et ne contient JAMAIS le virus du SIDA.
      Si tu as été séquestré et que l’on t’as injecté de force du sang contaminé, vas vite voir la police pour dénoncer ce crime.

  2. Idriss 8 h 26 min6 octobre 2016

    Je suis S+ pourais je marié une femme Sero Negative?

    • Miyada 20 h 33 min27 décembre 2016

      Bonsoir quand a moi ne prend pas cet risque fai confiance envre Dieux il va envoiyera une comme toi et vous sera heureux inchallah

  3. Younous mbuaki 12 h 58 min2 octobre 2016

    As salamu aleykum.allahuma saali aala seydina muhamad wa alaa ali muhamad wa salim.j’aime bien ce que vous vennais de me rappeler.merci

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